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...Merci à Aurelie Gonet du VS Dijonnais pour la photo

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lundi 15 mars 2010

Entraînement: traquer la spécificité

On fait souvent référence au terme "spécifique" pour parler de la phase finale d'entrainement qui consiste à augmenter les intensités et produire du rythme. C'est souvent une notion qui reste très vague et confuse dans la tête des coureurs. Par exemple, ce WE, j'ai vraiment eu l'impression de manquer de jus, de rythme, de ce "spécifique" qui fait qu'on est à l'aise dans la course. Pourtant, j'avais des watts puisque les chiffres attestent que j'ai une FTP autour de 340W ce qui est finalement très bien pour un mois de Mars (j'étais plutôt habitué à avoir 15-20W de moins les années passées). Mais j'avais pas les bons watts, les watts "spécifiques" à la course en quelque sorte. Cependant, la définition précise de ce qui me manquait m'échappait, c'est pourquoi j'ai voulu y voir plus clair grâce au powertap.

Grâce à ce dernier et au logiciel Cyclingpeaks, il est possible de visualiser les efforts sous une forme particulière : l'analyse par quadrant. Ce graphe consiste à regarder quelle a été la répartition des efforts en terme de couple (force,cadence). Ce découpage est particulièrement intéressant car il traduit de manière très précise la contrainte au niveau des fibres musculaires. En effet, faire du vélo ça consiste au final à contracter les fibres musculaire avec une certaine tension (force) et une certaine vitesse (cadence). Le tout produisant une puissance (force*cadence). Il y a donc une infinité de couples (force, cadence) pour une puissance donnée. Chaque façon de produire une puissance donnée va donc se traduire par un certain stress (force,cadence) au niveau des muscles. Au lieu de s'entrainer à une valeur de puissance donnée, il faudrait donc en fait s'entrainer à un certain couple (force, cadence). Le but étant de reproduire celui de la course.

Pour vérifier si mon entrainement était bien "spécifique", c'est à dire si l'ensemble des couples (force,cadence) était similaire entre la course et mes entrainements, j'ai décidé de comparer deux phases similaires en terme de durée et de watts entre une séance d'entrainement que je pensais très spécifique et ma course de Dimanche. Les deux périodes sélectionnées ont ainsi à peu près la même durée (14') et la même puissance normalisée (347W).

Or c'est ici que le bât blesse. Sur le graphe ci dessous, on voit nettement que ma séance d'entrainement (en rouge sur le graphe) non seulement fait peu appel aux fortes cadences, mais en plus elle sollicite des forces moins importantes, contrairement à la course (en jaune). J'ai donc visiblement failli dans mon entreprise de reproduire à l'entrainement le stress physilogique engendré par la course.




Cela montre également qu'il n'y a rien de mieux que la course pour s'entrainer de manière vraiment spécifique! Mais cela ne coulait-il pas de source dès le départ?